Rapport sur l'antisémitisme: introduction

Qu’arrive-t-il lorsque des idées antisémites en viennent à se manifester par des actes ? Le rapport sur l’antisémitisme répond à cette question. Il montre ce qui peut se produire quand des idées antisémites se matérialisent sous forme d’incidents.

En 2016, l’extrême droite a davantage fait parler d’elle que les années précédentes. À Unterwasser s’est déroulée en octobre la plus grande manifestation néonazie que la Suisse ait jamais connue. Le même mois, on apprenait qu’un groupe rock de l’extrême droite menaçait de mort dans l’une de ses chansons la direction de la FSCI  ainsi que toute une série d’autres personnes. Bien que la scène néonazie peine à se renouveler, on constate que même un petit groupe peut propager énormément de haine.   

Un porte-parole de la police a souligné après la manifestation d’Unterwasser que le règlement de parking avait été respecté et que les visiteurs avaient même emporté les déchets. Quant à engager une procédure pour violation possible de la norme pénale antiraciste, les autorités ne voulurent même en entendre parler, alors qu’on voit sur des photos prises lors de la manifestation des douzaines de spectateurs saluer le bras tendu. Dans le même temps, le Canton de Bâle-Campagne parle d’amender des écoliers qui refusent de saluer leur maîtresse en lui donnant la main.   S’y retrouvera qui pourra, mais il faut espérer que la Suisse ne devienne pas le terrain privilégié des déploiements néonazis. Les autorités se doivent d’être vigilantes et de réprimer systématiquement les violations de la norme pénale antiraciste. 

Le rapport sur l’antisémitisme montre également que l’extrême droite n’a pas le monopole des incidents antisémites. Les théories antisémites sont largement répandues, et il arrive qu’elles fédèrent même des tenants de l’extrême droite, de la gauche et de l’islamisme radical. L’historien Daniel Rickenbacher analyse dans l’article de fond de cette année ce phénomène, dit des fronts transversaux,  par lequel font alliance des groupes se situant à des pôles opposés de l’échiquier politique.  Son étude montre que l’élément fédérateur de ces groupes, soi-disant opposés, est la haine des juifs. Aussi toute prévention propre à le combattre efficacement doit-elle tenir compte du caractère protéiforme de l’antisémitisme.         

Sabine Simkhovitch-Dreyfus
Vice-Présidente FSCI
Pascal Pernet
Président GRA