L’antisémitisme et la liberté d‘expression

Entrée de jeu, 02 juin 2016 – 17:05

La liberté d’expression est considérée comme un droit important en Suisse, et à juste titre. Comme toute autre liberté, cette liberté n’est cependant pas absolue et trouve ses limites là où un droit au moins équivalent se voit enfreint, notamment en cas d’atteinte à la dignité humaine, protégée par la norme pénale contre le racisme. Ainsi, il n’est notamment pas permis d’inciter à la haine contre des personnes en raison de leur appartenance raciale ou religieuse, ou de les dénigrer de toute autre façon.
On entend parfois le reproche que l’on aurait le droit de critiquer toutes les religions, sauf le judaïsme.

Ce n’est pas vrai. Il est permis de critiquer la religion juive, comme toutes les autres. La norme pénale contre le racisme ne protège pas les religions en tant que telles, mais les personnes. Critiquer le christianisme, faire des blagues sur Moïse ou dessiner des caricatures de Mahomet n’est pas punissable par la loi, pour autant que les personnes qui appartiennent à ces religions ne sont pas dénigrées ou discriminées.

Dire que la religion juive est mauvaise n’est pas punissable. Par contre, celui qui annonce en public que les juifs et juives sont mauvais peut être passible de conséquences pénales, tout comme celui qui affirme que des personnes appartenant à d’autres groupes ethniques seraient violentes ou criminelles.